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Le safran, teinture royale ...

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Le Safran, Teinture Royale ... 


 


La couleur jaune-orangé du safran est essentiellement dûe à la crocine,


caroténoïde hydrophile, molécule naturellement présente dans le safran.


Plus la quantité de stigmates utilisée est importante plus le rouge sera intense.


Même à faible quantité, les stigmates produisent une lumineuse couleur jaune orangée.


Pour la teinture de la soie ou du coton, on n'a besoin que d'une portion infime de safran


1 part de pigment pour 100.000 parts d'eau.


 


teinture_royale_au_safran.jpg



A cause de la profondeur et de la bonne tenue de son jaune, c’était une teinture


traditionnelle

Dans l’Antiquité, le safran était une teinture presque aussi précieuse que la pourpre.


Il colorait les robes des mariées de Tyr et Sidon (l’ancienne ville de Tyr qui se situe dans la


Phénicie méridionale au sud de Beyrouth s’est unifiée au royaume de Sidon


(ville aussi appelée Saida en arabe).


Les Egyptiens se servaient du safran pour teindre les bandelettes des momies, pour peindre


des papyrus, des murs, du bois.


Marc-Aurèle, empereur romain, adorait teinter sa peau par la prise de bains au safran.


Au moyen âge, les enlumineurs utilisaient le safran pour décorer les parchemins


à la place de l’or.


Les religions chrétienne et arabo-islamique ont utilisées une encre à base de safran, conférant


ainsi un symbole sacré aux documents comme les lettres royales ou les décorations des pages


sur les livres sacrés….


Les auréoles des saints étaient peintes de cette encre d’or afin de leur donner cette


couleur céleste.


Le livre de KELLS, chef d’œuvre du christianisme irlandais, fut écrit à l’encre de safran.


Michel-Ange a peint les fresques de la chapelle Sixtine avec un mélange de safran,


de blanc de travertin et poudre d’ombre.


On retrouve le safran dans les peintures d’intérieur et les luxueux plafonds de cèdres


des kasbahs du sud du Maroc. Les décors géométriques étaient réalisés à base de teintures


naturelles, indigo pour le bleu, menthe pour le vert et safran pour le jaune, un jaune qui tient


remarquablement bien dans cette atmosphère sèche. 


Les plafonds des kasbahs de Taourirt ou de Telouet ainsi que les décorations des ksars


alaouites à Rissani sont presque aussi vifs que lors de leur réalisation il y a plus de 150 ans.


Les archers de Darius, les rois irlandais, les mariées romaines affectionnaient le jaune-orangé


qu'il donnait à leurs étoffes. 


Les saris des moines hindous, les laines utilisées dans les tapis et même certains cuirs étaient


teintés au safran.


Cependant le curcuma, beaucoup moins cher que le safran et permettant d’obtenir


une couleur presque identique, fut rapidement adopté par les budgets les plus modestes ...


Peut-être que le jupon jaune retrouvé au fond d'un grenier périgourdin avec des vêtements de


mariés du siècle dernier est-il l'ultime vestige de l'utilisation du safran en teinture ?


Rédigé le  4 fév. 2015 19:29 dans "L'Or Rouge" en Agenais  -  Lien permanent

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